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vendredi 4 mai 2018

mes ancolies, un album de famille


J'aime les ancolies, beaucoup. Mais pas toutes. En fait j'en déteste certaines : les mainstream,  celles qu'on voit aux catalogues grand public, les hybrides qui forcent le trait : éperons longissimes,  formes doubles ou pire, couleurs saturées en violents contrastes. Outrances qui outragent le fragile charme de celles des aquilegiæ qui ont su rester modestes de ton.

J'aime celles qui ont choisi mon jardin car elles s'en tiennent à une délicate palette de couleurs faibles : lie-de-vin, rouge-de-mars, vieux-rose, toutes un peu tristes — oserai-je dire mélancoliques ? — d'autres plus lumineuses, comme cette douce nuance nacrée qui semble plus ravissante encore quand on la dit mother-of-pearl, et celle qu'on imagine aux doigts des aurores homériques.

En voici, in vivo, une collection fidèlement et généreusement renaissante. Elle se plaît à mi-ombre, autour d'une rosa centifolia en boutons, d'une pivoine arbustive fanante, parmi les aspérules et de jeunes fraisiers.

Je leur ai tiré le portrait pour un album — botanique — de famille . On voit comment se combinent à l'infini les nuances de la palette de couleurs et les différences de forme des pétales et de leur composition. Formes simples ou doubles, pétales plats, plus ou moins tuyautés, se creusant en gouttière et se refermant sur eux même jusqu'à devenir tubulaires.




des pétales à  différents degrés de "tubage", focus sur un "tuyauté" et un "éperon"


Au total se constitue une manière de petite société bien séduisante dans sa diversité. On y voit de bonnes filles toutes simples dans le goût rustique à côté de précieuses très tuyautées, tout-à-fait collet-monté et conventionnelles jusqu'à l'ennui, voisinant avec de bohèmes bourgeoises élégamment échevelées.  Une petite société en somme aux dissonances bien tempérées. Il règne dans leur quartier une ambiance de beauté libre, d'aisance bonhomme et d'harmonie qui me rend si parfaitement savoureuse leur compagnie que je ne saurais plus m'en passer. 



mercredi 23 avril 2014

presque un potager

revenir panier plein de jeunes plants de la pépinière éponyme . on est empris — sans toujours le savoir — du puissant charme du végétal foisonnant . un air d'abondance, de générosité, de vitalité . p l é n i t u d e . peut-être un goût de paradis . il faudra bien pourtant rompre le charme . accepter la dispersion . planter bien au large sur le terrain qui paraîtra alors tout vide, vilainement ponctué de fragiles promesses . f r u s t r a t i o n . mais qui saura renoncer au jouissances immédiates — et ne pas laisser crever les plantules dans leur panier — accédera aux délices du plaisir différé . heureuse attente .

dimanche 16 mai 2010

souvenir du 17 avril

sus : vues d'une fenêtre de mon bureau
sous : vues de la cuisine


vendredi 14 mai 2010

coup de blues

après gris parceque pluie d'hier, aujourd'hui c'est gris parceque ... !
alors pour tromper ma tristesse je me retourne vers les jours heureux où l'on pouvait penser encore qu'à la grisaille succèderait la tendre lumière du printemps . je feuillette la photothèque . c'était un premier avril . plein de promesses . ah ! croquer bientôt des fraises indigènes & bio . l'espoir et le matériel d'une petite leçon de jardinage demeurent .

nous sommes dans le carré d'ada . le premier avril 2010 13 : 30 .


et depuis ? comment vont-ils ? bien merci . attendez-vous à lire très prochainement une notule de botanique illustrée . oui je pense qu'il n'est pas inutile de montrer à d'aucuns petits et quelque grand où donc est la fraise dans le fraisier (?!)

 
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chronique du jardin de la patrie by elisabeth bruxer.millet est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Paternité-Pas d'Utilisation Commerciale-Partage des Conditions Initiales à l'Identique 2.0 France.