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vendredi 4 mai 2018

mes ancolies, un album de famille


J'aime les ancolies, beaucoup. Mais pas toutes. En fait j'en déteste certaines : les mainstream,  celles qu'on voit aux catalogues grand public, les hybrides qui forcent le trait : éperons longissimes,  formes doubles ou pire, couleurs saturées en violents contrastes. Outrances qui outragent le fragile charme de celles des aquilegiæ qui ont su rester modestes de ton.

J'aime celles qui ont choisi mon jardin car elles s'en tiennent à une délicate palette de couleurs faibles : lie-de-vin, rouge-de-mars, vieux-rose, toutes un peu tristes — oserai-je dire mélancoliques ? — d'autres plus lumineuses, comme cette douce nuance nacrée qui semble plus ravissante encore quand on la dit mother-of-pearl, et celle qu'on imagine aux doigts des aurores homériques.

En voici, in vivo, une collection fidèlement et généreusement renaissante. Elle se plaît à mi-ombre, autour d'une rosa centifolia en boutons, d'une pivoine arbustive fanante, parmi les aspérules et de jeunes fraisiers.

Je leur ai tiré le portrait pour un album — botanique — de famille . On voit comment se combinent à l'infini les nuances de la palette de couleurs et les différences de forme des pétales et de leur composition. Formes simples ou doubles, pétales plats, plus ou moins tuyautés, se creusant en gouttière et se refermant sur eux même jusqu'à devenir tubulaires.




des pétales à  différents degrés de "tubage", focus sur un "tuyauté" et un "éperon"


Au total se constitue une manière de petite société bien séduisante dans sa diversité. On y voit de bonnes filles toutes simples dans le goût rustique à côté de précieuses très tuyautées, tout-à-fait collet-monté et conventionnelles jusqu'à l'ennui, voisinant avec de bohèmes bourgeoises élégamment échevelées.  Une petite société en somme aux dissonances bien tempérées. Il règne dans leur quartier une ambiance de beauté libre, d'aisance bonhomme et d'harmonie qui me rend si parfaitement savoureuse leur compagnie que je ne saurais plus m'en passer. 



vendredi 3 septembre 2010

déjà une odeur d'automne

le premier petit matin de septembre . presque encore la nuit . temps frais, lumière froide sur des couleurs chacune un peu triste .



écrivant cela me revient une notation de gertrud jekyll dans son immortel colour schemes for the flower garden :
The nearly related combination of colour is a delight to the trained colour-eye. There is nothing brilliant ; it is all restrained—refined  (...) . The colours are all a little "sad," as the old  writers so aptly say of the flower-tints of secondary strenght. But it is a perfect picture. One comes to it again and again as one does to any picture that is good to live with.    
c'est à la page 2 de l'exemplaire de la bibliothèque de cornell university que se trouve ce texte . vous pouvez feuilleter l'ouvrage .



il en existe une adaptation en français (trad. s. gleize) publiée par les éditions herscher,  paris,  en 1988 qui n'est plus disponible chez l'éditeur . je chéris mon exemplaire fatigué : mon premier livre de jardinière .

curieusement la requête "couleurs et jardins" jekyll éditions herscher  n'a renvoyé que sept réponses . parmi les happy few se révèle une fervente jekyllienne qui sait que le jardin c'est tout . une visite ? ici c'est un massif jekyllien bleu .

samedi 10 juillet 2010

réconciliation

j'ai trouvé le moyen de me rabibocher avec l'été . ce n'est pas qu'il aie changé . il est resté brutal aveugle intransigeant dangereux impitoyable cruel . rien n'a faibli de ses rigueurs . je souffre encore et le jardin plus encore . dans le jardin désolé négligé ensauvagé et presque hostile le regard erre sans joie . mais quand même ça et là de timides regains et quelques floraisons nouvelles . chacune un peu faible, un peu rare, un peu déjà sur le point de flétrir . bien sûr ce n'est plus la vitalité insolente des floraisons du printemps, mais quand même . alors pour rendre justice au pauvre petit jardin qui étouffe j'ai voulu montrer ce qu'il avait à offrir . eh bien ce n'est pas rien, et ce n'est pas sans charme . voici le résultat de la cueillette, en vrac .
et puis, après arrangement ceci .
me voici réconciliée . vu comme ça je le trouve très joli ce jardin . comme sorti d'un livre de miss jekyll .

mardi 18 mai 2010

toutes les couleurs d'agnès

toutes ces photos ont été prises aujourd'hui entre 14:45 et 15:00 . on aperçoit combien riche est le nuancier d'agnès .

dimanche 16 mai 2010

la belle iris est effondrée



nous comptons déjà la belle iris à la tendre carnation parmi les possibles compagnes d'agnès (voir les notes agnès ? qui est agnès ? et qu'est-ce qui pourrait convenir à agnès ?) . les rigueurs du temps et l'inclémence des éléments ont eu raison de sa superbe . la belle iris est effondrée recto & verso .

mais aussi elle est de constitution trop frêle . ses lourdes fleurs font ployer sa trop longue tige . est-ce de pousser dans un coin peu ensoleillé qui la fait ainsi se pousser du col ? quoi qu'il en soit, elle ne peut rester là . dans la nouvelle organisation elle boucherait le passage vers l'entrée . il sera intéressant de voir si elle pousse plus court dans un emplacement plus ensoleillé . au sud ?
auprès d'agnès ?

couleur surprise

j'ai reçu l'an dernier des graines de giroflées (variété : tom pouce) . grande classe : elle viennent des jardins du château de villandry . merci marie . elles ont été semées, ont levé, les plantules vont être éclaircies . tout cela va pour le mieux . au plaisir de les voir grandir et j'espère fleurir dès cet été (selon les informations du paquet, les semis de mars fleuriront dès juillet) se joint l'impatiente curiosité de découvrir quelle sera leur nuance exacte . quelle est l'écart entre les couleurs de l'imprimeur du sachet de graines et celles des plantes . pour les jardiniers fins coloristes — à la gertrude jeckyll — la question peut être d'importance . pour moi qui n'en suis pas j'attends avec curiosité mais sans inquiétude . nous verrons bien .
et d'ailleurs peut-être n'existe-t-il pas de "vraie couleur" de cette variété ? les conditions de culture, le sol, d'autres caractéristiques du milieu de culture des graines influent peut-être sur la couleur de la fleur obtenue ? qui sait ?

lundi 10 mai 2010

mon agnès à moi


beaucoup moins palote et beaucoup plus ambrée que celle portraiturée sur le site de Peter Beales (voir la note agnès ? qui est agnès ? . la couleur par temps gris, lumineux sans soleil direct . prise de vue où l'exposition est réglée de manière que les pétales les plus lumineux ne soient pas sur-exposés .

> update : 16 mai 2010 . la suite a montré combien ce réglage a saumoné agnès . alors que l'image de peter beales la citrone . drôle de cuisine ! la question lancinante revient : peut-on parler de/connaître la couleur d'agnès ? je commence à penser qu'il faut parler d'un nuancier, ou d'une palette . il y a maintenant une note où vous pouvez voir toutes les couleurs d'agnès .

dimanche 9 mai 2010

qui pourrait convenir à agnès ?

agnès est là, bien là et restera . c'est décidé . achetée à bellagio, elle n'a jamais changé de place, s'est développée sinon harmonieusement, du moins vigoureusement, au point de dépasser la taille que lui prescrivent les livres et catalogues . voudrais-je la déplacer que je devrais y renoncer . pour elle maintenant c'est demeurer ou périr . voyons donc quel est son environnement aujourd'hui qu'elle est en pleine floraison — oui, agnès est précoce, c'est le premier rosier du jardin à fleurir . nous chercherons ensuite quels compagnons lui conviendraient .

voici deux vues d'agnès aujourd'hui, sous la pluie .
face sud . agrandi en cliquant l'image .

face nord . agrandi en cliquant l'image .

agnès est si vigoureuse qu'elle a supplanté et cache maintenant presque complètement la délicate mousseline, venue comme elle et avec elle de bellagio . il va falloir déplacer mousseline l'hiver prochain . autre déplacement nécessaire : la monstrueuse pivoine blanche arbustive, tout à fait hors de proportions .

les grosses masses des fleurs blanches effondrées sont une disgrâce . un attentat au jaune léger nuancé d'ambre des fleurs un peu chiffonnées d'agnès .
agrandi en cliquant l'image .

quel rosier peut voisiner avec agnès ? compliqué . il faut que l'allure générale ne soit pas trop différente . l'aspect doit être naturel . pas question d'un rosier moderne, raide, et sophistiqué . la question de la couleur ne peut pas être séparée de celle de la période de floraison . accord de couleur indispensable avec agnès si floraison contemporaine, il ne sera pas nécessaire si le rosier est de floraison plus tardive (il faut pourtant tenir compte de la remontée automnale d'agnès, mais elle est assez faible) . l'accord de couleur et de style de tout nouvel arrivant doit se faire avec les autres plantes qui voisinent agnès .

l'accord de base est conditionné — face sud — par la présence du berberis rouge , indestructible, très beau, très anciennement implanté (il était déjà là depuis longtemps en 1989) très sain, facile à tailler . il s'accorde très bien avec le jaune des fleurs d'agnès . les pétales de ses propres fleurs étaient d' ailleurs d'un jaune très délicat . visibles il y a un mois en vrai et maintenant ici dessous .

des compagnons qui seraient-agréables à agnès & berberis, y en a-t'il dans le jardin ? telle a été ma quête aujourd'hui . voici la palette des plantes actuellement en fleur et les feuillages d'arbustes ou vivaces qui me semblent pouvoir convenir à agnès . retour de cueillette, puis arrangement sur fond blanc .
agrandi en cliquant l'image .

agrandi en cliquant l'image .



 
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chronique du jardin de la patrie by elisabeth bruxer.millet est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Paternité-Pas d'Utilisation Commerciale-Partage des Conditions Initiales à l'Identique 2.0 France.