Affichage des articles dont le libellé est fin-mai. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est fin-mai. Afficher tous les articles

jeudi 3 juin 2010

j'ai rencontré une chimère

hier matin tournée de routine . mi plaisir mi devoir . entre vigilance et nonchalance contemplation et observation . attention flottante . sur le vieux buis un insecte que je n'ai jamais vu auparavant arrête mon regard . convaincue d'avoir affaire à la pyrale — les larves puis les chenilles qui l'ont attaqué au début du printemps doivent bien s'être métamorphosées — je scrute plus attentivement . les ailes ressemblent au souvenir vague que j'ai gardé de celles du papillon décrit dans le site de la société alsacienne d'entomologie : gris clair argenté, avec des taches sombres . j'aperçois un rostre un peu étrange, les papillons n'ont-ils pas une trompe ? mais les ailes sont très brillantes, ce qui intrigue, et à l'extréminté de l'abdomen un amas ambré que je peine à distinguer étonne : est-ce un parasite ? une ponte ? un organe ?
au total un être étrange . je suis perplexe . je cliche . les clichés ne sont pas nets mais suffisamment quand même pour que le zoom sur l'abdomen soit lisible . oh ! un morceau de scorpion attaché à une mouche à trompe de tapir . pourquoi pas un frelon à perruque ?


reste à gougler mouche qui ressemble à un scorpion . l'identification de panorpa communis aka la mouche-scorpion est immédiate . j'ai su trop tard qu'elle était inoffensive et utile . dans l'urgence — décider avant qu'il ne s'envole — je l'avais exterminée . affreux calcul : mieux vaut faire périr un seul insecte utile que de laisser vivre une pyrale et toute sa descendance . hmm . quand même maintenant que je sais qu'il était innocent ... schuldgefühl . je me rassure — un peu — en constatant que l'insecte est — comme son nom l'indique très – commun . et je prends la ferme résolution désormais de capturer vivants les inconnus que je rencontre .

documentation recommandée :
la page de wikipedia la mieux renseignée sur panorpa communis est en allemand : gemeine skorpionsfliege . du catalogue des images de panorpa communis (de) de wikimedia commons j'ai retenu trois beaux clichés :
> un détail de la face d'une femelle . par "botaurus stellaris".
> un détail de l'appareil génital du mâle . par richard bartz . munich . aka makro freak image . (licence CC share alike 2.5)

le cas de la fraise vide

je savais comme chacun que les limaces boulottaient les fraises en général et les miennes en particulier . les fraises mûres . et voilà que le moment redouté est venu : premières rougeurs, premières attaques . ceci est connu . les petites limaces font des petits trous — c'est presque attendrissant, on leur pardonne — et les grosses limaces font de plus gros trous et quand on les voit, on les déporte . c'est dans l'ordre . mais ce que j'ai vu cette année dépasse toute mesure . jugez : cette fraise a été entièrement vidée de sa pulpe . on sent une malignité . ce n'est pas du tout dans la manière d'une limace . la limace mange tout de la fraise, elle ne laisse pas la peau . donc il y a du nouveau .

je dirais même plus : il y a des nouveaux . de nouveaux amateurs de pulpe de fraises mûres . nombreux . et déterminés . il faut avoir le cœur bien accroché pour en supporter la vue . je ne souhaite à personne de les rencontrer dans son jardin . et je ne suis pas sûre que je souhaite vous les faire rencontrer sur ce blog . dans le souci de ménager les sensibilités les plus délicates j'ai choisi de n'en montrer sur cette page d'accueil qu'un portrait fallacieux — un détail flou et sous un jour qui le rend presque sympathique — qu'on ne s'y trompe pas . seules les âmes bien trempées oseront cliquer sur les liens et vignettes qui émaillent les explications qui vont suivre . à leurs risques et périls .

limaces et blaniules s'entendent comme larrons en foire pour faire des orgies de (mes) fraises — blaniulus guttulatus : c'est le nom de ces minuscules myriapodes . des mille-pattes minuscules . oui ce sont bien des pattes qu'on distingue sur le petit portrait si flatteur . des pattes il en a et beaucoup . tous les détails morphologiques, physiologiques et la place de ces êtres dans la nomenclature zoologique sont aisément accessibles en français dans les pages que l'université McGill consacre aux moyens de lutte contre les mille-pattes, et l'INRA à la blaniule mouchetéeinutile de s'y étendre ici . ce que je peux vous (dé)montrer c'est la résolution de l'énigme de la fraise vide . les protagonistes sont maintenant identifiés : limaces & blaniules . mais quel est le mode opératoire ? reportage .

voici une édition ad usum delphini de la première partie du reportage photographique . elle ne pourrait offenser l'œil le plus vulnérable .
on y distingue cependant nettement qu'il est question de la destruction de belles fraises saines par une grosse limace adulte . comme déjà signalé : de la fraise la limace ne laisse rien . peau, akènes et pulpe, rien ne demeure . les blaniules s'engoufrent dans les brèches ouvertes par la limace . on n'observe aucun signe de concurrence ou d'animosité entre limace et blaniules . il est vrai qu'il est difficile de saisir l'expression d'un sentiment d'hostilité, d'animosité ou de simple agacement dans le comportement extérieur d'une limace . l'image suivante s'agrandit d'un clic . caution ! graphic content !
la limace comme on voit mange goulûment . elle ne fait pas de quartiers . évider artistement la peau d'une fraise n'est pas de son fait . tant qu'une grosse limace s'occupe d'une fraise les conditions de possibilité de la fraise vide ne sont pas réunies . la deuxième partie du reportage – dont je ne présente également qu'une miniature de planche contact – nous éclaire sur ces conditions .
pour qu'advienne une fraise vide il faut que des blaniules rencontrent une fraise mure trouée de manière appropriée . pas n'importe quel trou . le trou pour fraise vide doit réunir deux caractères : être assez gros pour que les blaniules puissent rentrer [la question de savoir si les blaniules sont capables de miner la fraise par leur seuls moyens est controversée] et assez petit pour que demeure une enveloppe de peau capable de conserver une forme de fraise après et malgré la disparition complète de la pulpe . ces conditions sont idéalement réunies quand une grosse limace repue a abandonné sa proie avant de l'avoir trop gravement abimée . ce qui est assez rare . en général la limace mange salement . vous avez vu . le trou parfait c'est celui que laisse le repas du bébé limace : petits trous bien propres . les blaniules n'ont plus qu'à creuser, plus rien ne les arrêtera que la peau . tant qu'il reste de la pulpe on pourra les observer . lovés au cœur de la fraise "comme de petits serpents" . voyez l'image suivante — les bébés c'est toujours mignon — elle s'agrandira d'un clic . mais là encore warning ! graphic content !
les conditions météorologiques de pullulation des blaniules — printemps pourri, froid et humide — puis de leur attaque des fraises – au retour du soleil – se sont très favorablement succédées . mais je dois à la vérité de préciser que les (mes) conditions de culture ont aggravé la situation : le paillage de feuilles mortes mal décomposées et restées humides était à proscrire absolument . les blaniules en effet participent activement à la destruction des déchets végétaux . leur régime normal c'est le végétal MORT . mais quand vient la sécheresse leur vient le goût de la chair fraîche . on rapporte qu'une fois qu'ils ont tâté du sucré – suc de betteraves ou jus de fraise mûre – ils tombent définitivement accros . bon . me voilà avec des addicts dans le jardin ! et c'est moi le dealer ! quelle épreuve pour un jardinier bio-éthique . quelle sera la bonne pratique ? nous commençons par des gestes simples qui peuvent n'être pas sans effet : montrons leur – sans violence disproportionnée – qu'ils sont non grata . dégageons les feuilles mortes, mettons la terre à nu et binons entre les rangs, installons des pièges, espérons et observons .
> à suivre .

oh j'oubliais le plus important ! qu'on se rassure : le carré d'ada est indemne . ouf .

jeudi 27 mai 2010

pentecôte : éclosions en chaîne

démographe un jour, démographe toujours ... même devenue jardinière j'observe et j'enregistre encore . j'ai ouvert un petit carnet, une manière de registre d'état floral où je note les événements botaniques : les moments d'éclosion et fanaison des fleurs du jardin . je pourrai ainsi obtenir — au terme d'une année de scrupuleuse observation exhaustive — dresser une chronologie florale du jardin .

il a fait beau ce week-end de pentecôte . explosion d'éclosions . première fleur d'un églantier, premier rameau fleuri du seringat .
près du jardin d'herbes, palissé sur le mur nord, le chèvrefeuille prend la relève de la clématite montana rubens et à leur pieds commencent à fleurir : la sauge à feuilles rondes, les nigelles de damas blanches, les pivoines blanc crème .
au fond près du garage la floraison du même bleu d'un iris et de geraniums devance à peine celle du rosier Pierre de Ronsard . ailleurs quatre iris rouille sur fond de lavande, d'autres pivoines, un lichnys blanc oublié en chemin ...
j'inscris aussi les promesses de prochaine éclosion des bourgeons du rosier mousseline — ils ont gardé la marque rouge de la longue interruption que le froid et la grisaille de la semaine passée leur a imposée — du rosier salet et de ce pauvre paul's himalayan musk qui serait en pleine gloire si le temps et surtout une atroce attaque d'oïdium dont je ne peux venir à bout ne l'avaient méchamment atténué . (sigh) .
près de la verrière un gros buisson du rosier the fairy — en blanc — partage le même lamentable sort . jetons un voile sur ce désastre (seufzer) .

lundi 24 mai 2010

en effeuillant la clématite

j'aime bien rapporter de voyage des souvenirs botaniques . la clématite dont il est question ici est venue avec nous de retour de cornouailles . installée dès son arrivée sous le seringat double qu'elle a pour tâche de coloniser elle s'acquitte assez bien de sa tâche et se développe sans maladie . les premières fleurs de cette année viennent d'éclore . difficiles à repérer : les apercevez-vous dans le fouilli de verdure ?
j'avais choisi cette variété pour sa couleur — ce violet profond beaucoup plus intense que ne le laissent penser les clichés — le velouté de ses pétales et surtout, sa simplicité . j'ai en effet peu de goût pour les clématites "show off" : à grandes fleurs, ou bien associant des couleurs violemment contrastées, ou encore pleines de pétales, très doubles . celle-ci réunissait toutes les qualités que j'aime et aucun des caractères dont je ne raffole pas . son identité ? elle appartient au groupe des CLEMATIS VITICELLA , et se nomme polish spirit . on peut lire un article très détaillé sur ce groupe de clématites — et les différents cultivars de ce groupe — dans l'encyclopédie du site de la pépinière de plantes grimpantes de Szczepan Marczyński et Władysław Piotrowski . ce site est remarquable pour la qualité et la quantité d'informations qu'il rend accessibles mais aussi pour l'organisation et la présentation de sa banque de données . j'y ai très facilement retrouvé la caractérisation et l'identification de ma clématite . (voir lien en fin d'article) .

à gauche la fleur "de dos" (coté pédoncule floral) et "de face" la corolle telle qu'elle s'offre au regard du jardinier et aux insectes .

depuis quelques temps, en fait depuis que j'ai entrepris de m'initier au b.a.ba de la botanique, je me fais un plaisant devoir d'effeuiller toutes les fleurs du jardin (pas toutes-toutes évidemment, un exemplaire de chaque variété différente) . je m'invente des travaux pratiques du chapitre de boulet que j'étudie actuellement : II — LA REPRODUCTION DES PLANTES À FLEURS . voilà ma liste de vocabulaire pour décrire les différentes parties d'une fleur : pédoncule floral, bractée, sépales, calice, pétales, corolle, nectaire, étamine, anthère, pollen, filet, carpelle, ovaire, style, stigmate, ovule, pistil . la chose plaisante vient de ce qu'il existe diverses sortes de fleurs : "autant que par leurs colorations, les fleurs diffèrent entre elles par le nombre, la forme, la disposition de leurs pièces " (boulet, p. 309) . à ma grande surprise j'ai découvert que l'observation des pièces florales d'une plante offrait au débutant des plaisirs assez vifs : de découverte (surprises, perplexités, énigmes) et d'admiration (comme c'est beau, comme c'est artistement agencé) . j'ai bien peur que ce soit addictif . mais revenons à nos travaux pratiques .

dans ce reportage de l'effeuillage on montre étape par étape la découverte de la disposition et l'aspect des différentes pièces florales .

enfin, récapitulation générale : la fleur entière et son éclaté montrant la forme et la quantité de chaque type de pièce florale .


samedi 22 mai 2010

au carré d'ada

— et comment vont les fraisiers depuis leur plantation ?
— on ne peut mieux ! voyez comme ils ont changé
— de jeunes sujets très prometteurs ce me semble
— n'est-ce pas ?












de la neige en été


j'avais promis à anne de retrouver le nom du couvre-sol bourré de qualités — beauté, facilité de culture, résistance à toute épreuve, élégance de la couleur argentée, délicatesse de la texture tomenteuse, grâce du port, somptuosité et durée de la floraison — que je lui ai chaudement recommandé . on le voit ici comme il est aujourd'hui . il se répand comme une mauvaise herbe, n'est jamais malade, est très facile à multiplier : on prend un morceau, on le plante, ça pousse . il adore le soleil, la sécheresse, les sols bien drainés, les rocailles .
son nom vulgaire : céraiste . les anglais disent summer snow
 
Creative Commons License
chronique du jardin de la patrie by elisabeth bruxer.millet est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Paternité-Pas d'Utilisation Commerciale-Partage des Conditions Initiales à l'Identique 2.0 France.