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mardi 21 septembre 2010

aïe, aïe, aïe

 
voilà une chenille tueuse de buis trouvée hier (environ 10 mm). vue de près elle paraît gorgée de chlorophylle . ce n'est pas faux . ses excréments sont d'un joli vert (remarquez la petite boule appendue à l'arrière de la bête) comme sera vert le mauvais souvenir qu'elle laissera quand elle aura reçu la juste rétribution de ses méfaits . cliquez ici si le cœur vous en dit (c'est assez moche).


ici-dessus on voit précisément le détail des divers atteintes aux feuilles . de certaines il ne reste que le pédoncule, ou seulement le pourtour, d'autres on ne conserve que le souvenir . les petites boules sont des déjections des chenilles : les restes des feuilles digérées . curieusement, après les avoir observées elles et leurs dégats je ne parviens pas à les détester ces chenilles . mes sentiments sont mêlés : désolation devant la plante ravagée, étonnement et admiration devant l'imperturbable immense appétit de ces minuscules machines à grignoter, digérer, excréter les feuilles de mes plantes préférées .


pourtant ce sont bien des tueuses car non contentes de manger les feuilles en grande quantité,  les chenilles de la diaphania perspectalis mangent aussi l'écorce des rameaux de leur victime . l'arbre a ainsi peu de chance de survivre à une attaque massive . il fallait donc intervenir sans attendre . la stratégie ? pas d'insecticide, faire tomber et détruire un maximum de chenilles, puis taille des parties atteintes . le tout a été au feu .

avant/après : voyez l'aspect misérable du gros buis au début des opérations  et comme il a fière allure après un après-midi de taille sévère . un élagueur en visite cet après-midi lui a trouvé un look bonzaï .

dimanche 19 septembre 2010

guet-apens dans la lavande

toutes les fleurs de lavande sont maintenant flétries . les bourdons sont partis, conséquemment  les araignées crabes aussi . il est grand temps de rabattre les tiges mais je vais sursoir : une epeire vient d'installer un très efficace piège . voyez l'album si le cœur vous en dit .

les envahisseurs sont de retour



les parents avaient péri mais la progéniture est bien là qui prospère et ravage . aïe . aïe . aïe . il faut que j'y aille .

mercredi 25 août 2010

il est joli garçon l'assassin...

... de mon buis !   hélas,  le beau corps dont vous avez pu découvrir  le dos et les pattes in extenso tout récemment est celui du seul vrai grand redoutable ravageur du jardin . l'ennemi public . most wanted  . l'attila des buis, vous avez reconnu la pyrale éponyme. la voici recto & verso .
elle est venue l'autre soir faire une visite domiciliaire . sur le canapé, en couple ! eh bien voyez-vous ces abominables sont d'une étrange beauté . una bellezza stupenda .
d'où un cornélien conflit où le devoir a failli perdre . à la fin les assassins ont péri , eux et leur descendance future . mais de la victime — le petit buis dangolsheimois  rescapé d'une première attaque — il ne reste aujourd'hui qu'un squelette en forme de reproche . le travail de deuil commence .

lundi 16 août 2010

jeu : étrange et beau corps

dans la série plus c'est gros moins on voit je vous soumets ceci . fragment d'un très beau corps . tout fraîchement trouvé . mais pour le coup c'est une très grande peste . nous ne sommes pas ravis de son récent retour . enfin, admirons déjà comme on dit ici .

strange fruits

misumena vatia — que j'ai nommée naine blanche quand elle était juvénile — guette . l'observation quotidienne des parties ensoleillées du jardin en révèle l'omniprésence sourdement menaçante . une première a été vue d'abord dans les lavandes pendant le mois de juillet . puis une mère et sa jeune descendance en août dans les roses proches, salet et everest . et un couple encore tout récemment . portraits .


je ne crois pas exagéré de dire qu'en ce moment tout ce qui porte fleur de rose ou de lavande — tant fraîche que fanée — est hanté par misumena vatia . pour l'éducation du regard voici une planche contact de 24 attitudes caractéristiques d'affût d'attaque et de défense de misumena vatia .

que les jeunes et les sensibles âmes lectrices se rassérènent : il m'a été donné d'observer bien des attaques de misumena sur des bourdons mais jamais une seule qui soit victorieuse . jamais . malgré une longue, patiente et attentive fréquentation . ainsi bombus terrestris échappera sans dommages à cette lâche agression . échappée belle .

hélas je dois aussi à la vérité de dire que j'ai eu le triste privilège d'assister à la défaite d'un bombus sa mise en stock et sa lente consommation . sur la touffe de lavandin j'ai compté la quinzaine passée jusqu'à trois victimes . étrange fruits .

misumena n'y est pour rien . ce fut sous les assauts d'une de leurs ennemies plus efficacement redoutable, spécialiste du bondage : eloplognatha ovata qu'ils ont péri . la planche contact montre en 12 moments une attaque et mise en conserve de la proie .
la stratégie de chasse diffère de celle de l'araignée-crabe . ici la proie est prise dans un piège qui est un lacis irrégulier de fils de soie . eloplognatha accourt , ficelle et suspend sa proie .

le danger est bel et bien et visiblement mortel . pourtant le chantier de butinage continue . l'obstinée activité des bourdons ne faiblit pas .

vendredi 13 août 2010

prends garde à toi !

vous souvenez-vous du jeu de l'abeille en danger ? celui où il fallait découvrir le prédateur à l'affût d'une innocente ouvrière ? il y a près de quinze jours qu'il a été publié, et une bonne semaine que la solution aurait dû l'être . je m'empresse de rassurer : l'abeille et le bourdon s'en sont tirés sans dommage . mais lecteur je crains que vous ne soyez passé de la curiosité à l'impatience... à la frustration... à la déception... à l' indifférence... à l'oubli ? rappel :
difficile n'est-ce pas ? comme toujours si on ne sait pas que chercher il est difficile de trouver . l'ennemi ici est misumena vatia, une araignée-crabe . elle guette ses proies dans des attitudes très caractéristiques que son nom indique et qu'on apprend vite à reconnaître . d'ailleurs vous l'avez déjà vue . ici même . oui misumena vatia a déjà paru dans cette colonne . la mortelle jeune fille au cœur de la rose salet, c'était elle !
et maintenant arriverez-vous à repérer misumena menaçant le bourdon?

pas tout de suite mais bientôt vous trouverez la solution en cliquant sur l'image . pour l'instant en cliquant sur l'image vous découvrez un agrandi . bonne chasse .
> depuis le 16 août vous pouvez apprendre à connaître mieux misumena et à reconnaître ses attitudes caractéristiques . lisez strange fruits .

mercredi 4 août 2010

mardi 3 août 2010

une jolie peste


j'ai une toute petite mouche au plafond . elle s'y est réfugiée pour que je lui fiche la paix . on était tombées nez à nez l'instant d'avant . elle sur la cloison se frottant les pattes me tombe sous le regard . première rencontre et bien intrigante . clichons s'il se peut .

j'ai pu, mais peu . pourtant assez pour observer ses traits si singuliers . quel étrange forme d'abdomen . pour les yeux, ils sont d'une mouche et quel curieux motif noir sur les ailes . j'ai le pressentiment qu'elle ne va pas rester longtemps anonyme .je tente une première série de requêtes de type : mouche + caractéristiques
chou blanc, ça part dans tous les sens . diagnostic : énoncés trop peu spécifiques . il faut rentrer dans le domaine des pages spécialisées , de description ou détermination des insectes . je traduis donc mouche en scientifique :
bonne idée : la deuxième réponse de google est la bonne . la page nous montre la jolie mouche parmi ses nombreuses cousines . c'est anomoia purmunda, 4 mm, larve dans les fruits de l'aubépine ..." . elle appartient "à une famille de jolies petites mouches très abondantes en été sur les fleurs, herbes et fruits facilement identifiables aux beaux motifs marbrés et sombres des ailes : bandes transversales ou séries alternées de taches ou de rayures en zig-zag . plusieurs espèces sont nuisibles aux fruits par leurs larves ou asticots qui parasitent pêches, cerises, olives, asperges... au niveau mondial, elles ont un impact économique dans la filière fruits et font donc l'objet, pour certaines, d'une lutte biologique... ce sont des trypétidiens : ailes plus ou moins tachées à nervation complète, oviscapte en tube chitinisé aux larves surtout phytophages" . oui elle est bien jolie . une jolie peste !

source de l'identification : le site les insectes d'alain ramel qui offre gracieusement aux amateurs que nous sommes un précieux petit cours illustré d'entomologie .

dimanche 1 août 2010

jeu : prends garde à toi !



la sérieuse abeille et le vaillant bourdon butinent étourdiment lavande et lavandin . saurez-vous découvrir les ennemis tapis qui les menacent . il faut prévenir nos amis du danger !

> besoin d'aide ? venez voir ici

lundi 28 juin 2010

il y a toile et toile

celle-ci visible ces jours dans un massif assez négligé d'alchemilla mollis n'a pas la facture bellement architecturée des toiles orbiculaires . ici l'araignée ne fait pas dans la dentelle , elle n'est pas tisserande . la réalisation semble brouillonne, la disposition des fils de soie aléatoire — un voile d'intissé ? — si le matériau est traité en vrac l'ensemble est loin d'être amorphe : la nappe largement tendue sur le buisson construit un petit maelström . on imagine qu'ainsi tapie au cœur des ténèbres elle guette : the horror . je n'ai pas osé la déranger . je vais essayer d'en voir et savoir plus . discrètement .
(quelques heures après)
j'ai du nouveau . quand on sait ce qu'on cherche on trouve mieux : il y en a trois . outre celle déjà connue qui tapisse l'alchémille , une autre plus vaste est fort bien cachée dans un abelia un peu souffrant et une petite dernière dans les pivoines amortit la chute de pétales de la viticella .

de l'efficacité du dispositif on ne saurait douter .
je n'ai pu en voir qu'une, surprise hors de sa caverne . elle paraît bien petite (jeune ?) . les deux autres (absentes ou plus expérimentées) ne se sont pas montrées .
bon . l'identification sera pour demain . à chaque jour suffit sa peine . je ne vous cache pas qu'un rapide sondage dans les résultats d'araignée toile entonnoir ne sont pas encourageants . prudence .
(le lendemain mardi)
on tire un fil vous savez il vient une toile . je n'ai eu le temps de rien écrire . documentation et observation c'est tout . le matin sur la toile pour trouver les bons sites . l'après-midi retour au jardin pour de nouvelles observations par un observateur plus informé . l'œil est censé avoir plus de discernement . riche moisson de part et d'autre . écriture demain mercredi .
(le lendemain mercredi)
voilà c'est fait voyez la nappe est mise

samedi 26 juin 2010

salvia salvata

sauvés de la tondeuse de jeunes (re)semis spontanés d'une sauge jadis par moi plantée, ayant prospéré puis disparu depuis deux ans . ainsi cette fois pas de problème d'identification . je sais à qui j'ai affaire . j'avais dejà aperçu de telles jeunes pousses l'an dernier, mais n'avais jamais pu les mettre en pepinière avant leur intempestif rasage . la tondeuse est un prédateur de tout ce qui a la mauvaise idée de s'installer dans l'herbe . cette année j'ai décidé de ne pas les laisser tomber sous ses lames cruelles . il n'est pas dit qu'une sauge sclarée — salvia scalrea —finira hachée mulchée . un destin plus majestueux l'attend si on la laisse se développer . (on lira avec profit la page française qui lui est consacrée dans wikipedia : sauge sclarée) .


l'image de ce qu'elle peut devenir au terme d'une croissance harmonieuse est extraite de la flore de johann georg sturm : deutschlands flora in abbildungen . 1796 . les illustrations sont de jacob sturm . source wikimedia commons page salvia sclarea .

à ce propos signalons aux amis des flores anciennes le site biolib.de qui donne accès à l'édition en ligne (scans image) de livres de biologie anciens et modernes .

mercredi 23 juin 2010

métamorphose

l'ignorance offre des plaisirs toujours renouvelés . découverte étonnement parfois même émerveillement . le spectacle aujourd'hui pour être nouveau n'en est pas enchanteur pour autant . surprise dans sa métamorphose une future coccinelle qui n'est plus une larve et pas encore adulte . non . ne me demandez pas quelle de espèce il s'agit, combien elle aura de points ni comme on nomme exactement cet état là . je l'ignore . encore . mais pas pour longtemps !

d'où me vient cette assurance ? d'une rencontre récente : le site stippen ! [points !] une encyclopédie électronique et abondamment illustrée des coccinelles de hollande . une rubrique y est consacrée au cycle de vie . on part bien naturellement de la copulation et on suit les différents stades de développement : œufs, sortie de l'œuf, 4 stades de développement des larves et encore quatre moments du passage vers la forme adulte définitive — en néerlandais : pre-pop, pop, uitsluipen, vleugels oppompen — pour chaque étape on peut comparer la forme de nombreuses espèces différentes . d'où un espoir assez raisonnable d'identifier le stade de développement (en néerlandais !) et l'espèce de la petite bête .

allons y voir . pour ne pas effaroucher je vous relie à l'introduction en anglais du site stippen ! puis suivez le cap : développement se dit ontwikkeling . après, il suffit d'ouvrir l'œil .

jeudi 10 juin 2010

la coccinelle d'avant

il paraît que tout le monde est au courant . et moi je suis toujours la dernière informée . les coccinelles ne sont plus ce qu'elles étaient . parmi les insectes de jardin c'était la bonne élève absolue . la bête à bon dieu . que des qualités .
> un design fabuleux . la coccinelle est aux insectes ce que les drapeaux de la suisse et du japon sont aux emblèmes . des réussites magistrales . formes élémentaires symboliques — croix, disques — et violent contraste de couleurs primaires saturées — noir blanc rouge — c'est la recette d'un logo efficace . lisibilité . singularité . reconnaissance et mémorisation facile .
> amabilité exceptionnelle . la coccinelle est pour les enfants l'insecte inoffensif par excellence . facile à repérer . complaisant à se laisser observer . ne pique ni ne mord . ne vient pas follement se fourrer dans les cheveux ou les oreilles .
> pour le jardinier un allié indéfectible et discret . anti puceron bio .
> l'entomologiste pour les nommer compte les points : la bipunctata a deux points, la septem - undecim- quatordecim- respectivement sept, onze et quatorze .

oui mais voilà, des comme ça il paraît qu'on n'en fait plus . heureusement il reste des traces . elle était tellement tout bien la coccinelle, elle était si utile à l'agriculture que les chercheurs s'occupaient d'elle, de l'observer, de la comprendre, de connaître ses mœurs, ses goûts, ses habitudes . d'identifier ses ennemis &c. . la connaître pour la protéger, lui faciliter la vie . normal, une petite bête si utile . il reste de cette époque révolue un témoignage émouvant autant qu'instructif . vers un superbe documentaire de l'INRA — qui fleure bon le court-métrage pédagogico-scientifique des années soixante-dix — qui vous dira et montrera tout sur les coccinelles . et principalement qu'elles bouffent exclusivement du puceron, elle et ses larves . d'où le titre : coccinelles aphidiphages . (durée 16 minutes) . pour vous mettre en appétit j'ai fait cette capture . commentaire en voix off : "la nutrition n'étant même pas interrompue par les accouplements".

hommage donc à notre gentille et courageuse coccinelle d'avant .



> la page de wikipedia en français sur la coccinelle est bien . comme elle est sérieuse le titre est coccinellidae . c'est là que j'ai trouvé la référence vers le documentaire .
> mais la meilleure page wikipedia sur la coccinelle est en allemand . très complète, très illustrée et pleine de liens utiles . par exemple le lien qui mène là .

jeudi 3 juin 2010

j'ai rencontré une chimère

hier matin tournée de routine . mi plaisir mi devoir . entre vigilance et nonchalance contemplation et observation . attention flottante . sur le vieux buis un insecte que je n'ai jamais vu auparavant arrête mon regard . convaincue d'avoir affaire à la pyrale — les larves puis les chenilles qui l'ont attaqué au début du printemps doivent bien s'être métamorphosées — je scrute plus attentivement . les ailes ressemblent au souvenir vague que j'ai gardé de celles du papillon décrit dans le site de la société alsacienne d'entomologie : gris clair argenté, avec des taches sombres . j'aperçois un rostre un peu étrange, les papillons n'ont-ils pas une trompe ? mais les ailes sont très brillantes, ce qui intrigue, et à l'extréminté de l'abdomen un amas ambré que je peine à distinguer étonne : est-ce un parasite ? une ponte ? un organe ?
au total un être étrange . je suis perplexe . je cliche . les clichés ne sont pas nets mais suffisamment quand même pour que le zoom sur l'abdomen soit lisible . oh ! un morceau de scorpion attaché à une mouche à trompe de tapir . pourquoi pas un frelon à perruque ?


reste à gougler mouche qui ressemble à un scorpion . l'identification de panorpa communis aka la mouche-scorpion est immédiate . j'ai su trop tard qu'elle était inoffensive et utile . dans l'urgence — décider avant qu'il ne s'envole — je l'avais exterminée . affreux calcul : mieux vaut faire périr un seul insecte utile que de laisser vivre une pyrale et toute sa descendance . hmm . quand même maintenant que je sais qu'il était innocent ... schuldgefühl . je me rassure — un peu — en constatant que l'insecte est — comme son nom l'indique très – commun . et je prends la ferme résolution désormais de capturer vivants les inconnus que je rencontre .

documentation recommandée :
la page de wikipedia la mieux renseignée sur panorpa communis est en allemand : gemeine skorpionsfliege . du catalogue des images de panorpa communis (de) de wikimedia commons j'ai retenu trois beaux clichés :
> un détail de la face d'une femelle . par "botaurus stellaris".
> un détail de l'appareil génital du mâle . par richard bartz . munich . aka makro freak image . (licence CC share alike 2.5)

le cas de la fraise vide

je savais comme chacun que les limaces boulottaient les fraises en général et les miennes en particulier . les fraises mûres . et voilà que le moment redouté est venu : premières rougeurs, premières attaques . ceci est connu . les petites limaces font des petits trous — c'est presque attendrissant, on leur pardonne — et les grosses limaces font de plus gros trous et quand on les voit, on les déporte . c'est dans l'ordre . mais ce que j'ai vu cette année dépasse toute mesure . jugez : cette fraise a été entièrement vidée de sa pulpe . on sent une malignité . ce n'est pas du tout dans la manière d'une limace . la limace mange tout de la fraise, elle ne laisse pas la peau . donc il y a du nouveau .

je dirais même plus : il y a des nouveaux . de nouveaux amateurs de pulpe de fraises mûres . nombreux . et déterminés . il faut avoir le cœur bien accroché pour en supporter la vue . je ne souhaite à personne de les rencontrer dans son jardin . et je ne suis pas sûre que je souhaite vous les faire rencontrer sur ce blog . dans le souci de ménager les sensibilités les plus délicates j'ai choisi de n'en montrer sur cette page d'accueil qu'un portrait fallacieux — un détail flou et sous un jour qui le rend presque sympathique — qu'on ne s'y trompe pas . seules les âmes bien trempées oseront cliquer sur les liens et vignettes qui émaillent les explications qui vont suivre . à leurs risques et périls .

limaces et blaniules s'entendent comme larrons en foire pour faire des orgies de (mes) fraises — blaniulus guttulatus : c'est le nom de ces minuscules myriapodes . des mille-pattes minuscules . oui ce sont bien des pattes qu'on distingue sur le petit portrait si flatteur . des pattes il en a et beaucoup . tous les détails morphologiques, physiologiques et la place de ces êtres dans la nomenclature zoologique sont aisément accessibles en français dans les pages que l'université McGill consacre aux moyens de lutte contre les mille-pattes, et l'INRA à la blaniule mouchetéeinutile de s'y étendre ici . ce que je peux vous (dé)montrer c'est la résolution de l'énigme de la fraise vide . les protagonistes sont maintenant identifiés : limaces & blaniules . mais quel est le mode opératoire ? reportage .

voici une édition ad usum delphini de la première partie du reportage photographique . elle ne pourrait offenser l'œil le plus vulnérable .
on y distingue cependant nettement qu'il est question de la destruction de belles fraises saines par une grosse limace adulte . comme déjà signalé : de la fraise la limace ne laisse rien . peau, akènes et pulpe, rien ne demeure . les blaniules s'engoufrent dans les brèches ouvertes par la limace . on n'observe aucun signe de concurrence ou d'animosité entre limace et blaniules . il est vrai qu'il est difficile de saisir l'expression d'un sentiment d'hostilité, d'animosité ou de simple agacement dans le comportement extérieur d'une limace . l'image suivante s'agrandit d'un clic . caution ! graphic content !
la limace comme on voit mange goulûment . elle ne fait pas de quartiers . évider artistement la peau d'une fraise n'est pas de son fait . tant qu'une grosse limace s'occupe d'une fraise les conditions de possibilité de la fraise vide ne sont pas réunies . la deuxième partie du reportage – dont je ne présente également qu'une miniature de planche contact – nous éclaire sur ces conditions .
pour qu'advienne une fraise vide il faut que des blaniules rencontrent une fraise mure trouée de manière appropriée . pas n'importe quel trou . le trou pour fraise vide doit réunir deux caractères : être assez gros pour que les blaniules puissent rentrer [la question de savoir si les blaniules sont capables de miner la fraise par leur seuls moyens est controversée] et assez petit pour que demeure une enveloppe de peau capable de conserver une forme de fraise après et malgré la disparition complète de la pulpe . ces conditions sont idéalement réunies quand une grosse limace repue a abandonné sa proie avant de l'avoir trop gravement abimée . ce qui est assez rare . en général la limace mange salement . vous avez vu . le trou parfait c'est celui que laisse le repas du bébé limace : petits trous bien propres . les blaniules n'ont plus qu'à creuser, plus rien ne les arrêtera que la peau . tant qu'il reste de la pulpe on pourra les observer . lovés au cœur de la fraise "comme de petits serpents" . voyez l'image suivante — les bébés c'est toujours mignon — elle s'agrandira d'un clic . mais là encore warning ! graphic content !
les conditions météorologiques de pullulation des blaniules — printemps pourri, froid et humide — puis de leur attaque des fraises – au retour du soleil – se sont très favorablement succédées . mais je dois à la vérité de préciser que les (mes) conditions de culture ont aggravé la situation : le paillage de feuilles mortes mal décomposées et restées humides était à proscrire absolument . les blaniules en effet participent activement à la destruction des déchets végétaux . leur régime normal c'est le végétal MORT . mais quand vient la sécheresse leur vient le goût de la chair fraîche . on rapporte qu'une fois qu'ils ont tâté du sucré – suc de betteraves ou jus de fraise mûre – ils tombent définitivement accros . bon . me voilà avec des addicts dans le jardin ! et c'est moi le dealer ! quelle épreuve pour un jardinier bio-éthique . quelle sera la bonne pratique ? nous commençons par des gestes simples qui peuvent n'être pas sans effet : montrons leur – sans violence disproportionnée – qu'ils sont non grata . dégageons les feuilles mortes, mettons la terre à nu et binons entre les rangs, installons des pièges, espérons et observons .
> à suivre .

oh j'oubliais le plus important ! qu'on se rassure : le carré d'ada est indemne . ouf .

 
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chronique du jardin de la patrie by elisabeth bruxer.millet est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Paternité-Pas d'Utilisation Commerciale-Partage des Conditions Initiales à l'Identique 2.0 France.